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La Balustrade de Guilaine Depis - Page 2

  • Fulgurances, drôlerie, lucidité : dans "L'agonie de Gutenberg" de François COUPRY

    Par Emile COUGUT sur WUKALI

    L’Agonie de Gutemberg, les fulgurances de François Coupry

    couvcoupry.jpgGloire ou défaite du Livre ?

    Do they read, don’t they read... that is the question !

    François Coupry est écrivain, et comme bon nombre d’entre eux, il craint (il prédit ?) la fin du livre papier au profit du livre numérique, en quelque sorte la fin de Gutenberg. Soit il n’est pas seul, et la catégorie des tristes prophètes n’en finit pas de nous asséner leurs vérités. On dirait qu’ils vivent en autiste, dans leur monde, sans prendre connaissance des données de la réalité : jamais en France (mais pas que), il n’y a eu tant de nouveaux livres mis sur le marché chaque année. Toutes les études le montrent, le temps moyen passé à la lecture du livre papier augmente depuis 10 ans. Et que dire du secteur de la bande dessinée qui connait une progression vertigineuse. Les éditions pour la jeunesse explosent. Et oui, n’en déplaise à certains, les jeunes lisent beaucoup plus de livres-papier que les jeunes de l’époque où l’auteur était... jeune. Mais là n’est pas le problème. A moins que... A moins que ces livres ne trouve grâce à ses yeux. A la lecture de ces chroniques, il semble que François Coupry fasse partie de cette catégorie de personnages qui existent depuis le jour où l’homo sapiens sapiens a décidé de vivre en société : avec les jeunes d’aujourd’hui, l’avenir est un désastre. Alors si je lui prouve chiffres à la main que les jeunes lisent plus qu’avant, je sais ce qu’il risque de me répondre : « soit, ils lisent plus, mais ils lisent mal, ils lisent pour se distraire et non pour apprendre, pour se cultiver. » On connait la musique, il y a des bons et des mauvais livres (pourquoi a-ton supprimer l’Index ?) et il faut obliger les jeunes à lire ce qui va les instruire c’est à dire ce que lui a lu dans son enfance. François Coupry regrette à longueur de page la méconnaissance des jeunes par rapport à l’histoire et donc leur absence de clés pour comprendre le présent voire l’avenir. Soit, mais je pense qu’il se leurre pas mal, je ne suis pas certain que les gens de sa génération avaient une aussi grande culture générale que ça. Il suffit d’ouïr son entourage, ou pire d’aller au café du commerce (ou regarder son relais médiatique avec les « micros-trottoirs » à la télévision) pour avoir des doutes. Et je ne suis pas certain qu’à l’époque de sa jeunesse beaucoup de personnes pouvaient discourir sur la légitimité de Raoul à être sacré roi des francs à la mort de Robert I ou sur les conséquence du traité de Paris de 1815 par rapport à celui de 1814, et dieu sait que l’histoire de l’Europe en général et de la France en particulier aurait était différente si Napoléon n’était pas revenu de l’île d’Elbe. Et puis, je suis à peu prés certain que les jeunes si décriés par François Coupry ont une culture dans certains domaines comme l’informatique nettement plus importante que la sienne.

    Cette position, et bien d’autres, peut paraître quelque peu paradoxal de la part d’un auteur qui s’interroge, souvent avec une vraie finesse d’esprit sur la réalité et la vérité. N’a-t-il pas écrit : « Ce n’est pas le Réel qui engendre la Fiction afin de se donner un sens ; c’est la Fiction qui crée le réel, afin de se donner une Vérité ». Voilà un très beau sujet d’examen voire même de culture générale, et il est certain que les réflexions de François Coupry sont des pierres particulièrement intéressantes à l’approfondissement de cette réflexion.

    Mais revenons à L’agonie de Gutenberg. On a compris que François Coupry craint une fin plus ou moins programmée du livre-papier au profit des moyens numériques de lecture. Mais il n’est pas a un paradoxe prés ! Il a commis des chroniques surnommées «  vilaines pensées » de 2013 à 2017 sur la toile et il les a réuni dans un livre papier !
    Qu’en penser ? Beaucoup d’ironie, beaucoup de confidences, quelques analyses, quelques personnages récurrents dont Monsieur Piano, des références littéraires comme Les Lettres persanes de Montesquieu. Il en ressort une pensée que Diogène et les cyniques, voire les pessimistes ne renieraient pas. M Piano ne fait rien d’autre que de « chercher un homme ». Et ce avec une pointe bien dosée de misogynie. François Coupry dénonce à mots à peine voilés le progrès et la déshumanisation qu’il engendre. Ces chroniques sont loin de transpirer d’optimisme.

    Pour autant, le lecteur de temps en temps s’arrête pour apprécier une fulgurance, pour tourner en lui une évidence qu’il n’avait pas perçue mais que l’auteur décrit dans toute sa nudité. Et oui, grâce aux médias, on ne mange plus (très bonnes charges dignes de la cavalerie lourde contre la nouvelle cuisine et les plats « revisités » (Ah les plaisirs du couscous à la choucroute !)), on déguste. Plus d’un tiers de l’humanité est sous-alimenté, mais nous on déguste (manger étant devenu vulgaire) même le plat le plus simple. Snobisme de l’époque ou les mots à force de se banaliser perdent tout leur sens.

    Alors, est-ce que François Coupry n’est qu’un ronchon, un nostalgique « du vert paradis des amours enfantines » si cher à Baudelaire, cette époque que tout un chacun fantasme plus ou moins, mais qui n’a jamais existé réellement, ou alors un grand comique qu’il faut lire au second degré. Car L’agonie de Gutenbergpeut être très drôle (un peu lassant toutefois car, et c’est le problème des journaux, l’auteur a tendance à se répéter), mais à condition de ne pas le lire au premier degré. Si vous ne le faites pas, alors vous risquez de rechercher en vitesse une île déserte où vous ne serez plus en contact avec l’humanité et surtout avec ce « progrès » qui est en train de la détruire. Diogène est loin d’être mort.

    Émile Cougut

  • Entretien sur "Chacun cherche son film" par Sylvie Ferrando

    Rencontre avec Laurent Schérer, créateur de la plate-forme Chacun cherche son film, par Sylvie Ferrando

    Ecrit par Sylvie Ferrando 07.03.18 dans La Une CED, Les Dossiers, Côté écrans, Entretiens

    Rencontre avec Laurent Schérer, créateur de la plate-forme Chacun cherche son film, par Sylvie Ferrando

     

    Rencontre avec Laurent Schérer, créateur de la plate-forme Chacun cherche son film, site internet dédié au cinéma indépendant et présenté à la presse le 18 janvier 2018 au cinéma Le Majestic Passy à Paris

     

    1/ Comment vous est venue l’idée de créer ce site ? Etait-ce pour faire de la concurrence à Allociné ? Pour concevoir un site plus complet, une véritable base de données cinématographiques ? Pour lancer un travail d’équipe ?

     

    En fait, je dis toujours en introduction que je suis parti du constat suivant : je déteste me trouver tout seul dans une salle obscure. Je suis cinéphile et je trouve dommage que certains films que je trouve intéressants, voire géniaux, ne rencontrent pas leur public. J’étais prof de lettres et à la mort de mon père en 2010 j’ai décidé de reprendre la compagnie de production Eric Rohmer, que mon père avait créée, et j’ai passé un master de production cinématographique.

    C’est là que je me suis rendu compte que si un film est considéré comme « confidentiel », la société de distribution ne mettra aucun budget pour la publicité ou la promotion du film et qu’il n’aura donc aucune audience (il faut savoir qu’une société de distribution investit en moyenne un euro de pub par spectateur prévu pour le film). Le site que j’ai créé est destiné à promouvoir et à rendre visibles des films à petit budget, qui n’ont (presque) aucune publicité dans l’espace public. Et je reçois des mails de nombreux spectateurs, qui me remercient de leur avoir fait connaître et donné l’envie de voir tel film qu’ils n’auraient jamais eu l’idée ou l’occasion de voir sinon.

    Le site cherche à référencer tous les films qui sortent (et sont sortis) sur le territoire français, depuis les débuts du cinéma, avec des recherches possibles sur chacun des acteurs et réalisateurs. Il n’est pas pour le moment plus complet qu’Allociné, qui existe depuis vingt ans, mais à terme il le sera et, de plus, ce n’est pas un site à vocation commerciale. On cherche surtout à ce que nos données soient fiables et exhaustives. Nos données sont récupérées de plusieurs sources, qui sont toutes plus ou moins incomplètes et lacunaires, pour différentes raisons : le CNC, qui gère la base de données des visas d’exploitation, l’Annuel du cinéma (l’ex-Office français catholique pour le cinéma, association de bénévoles qui recense un grand nombre des films qui sortent) qui édite les fiches cinéma, la base ISAN (l’ISBN des films), qui est exhaustive seulement depuis début 2017. Toutes ces infos sont mixées et recoupées pour tendre vers les 100% de fiabilité. A moyen terme, le site sera complet, on a maintenant un excellent développeur mais le projet a pris un an de retard à cause de problèmes techniques. Il y a 150.000 numéros de visas à ce jour, donc à peine un peu moins de films, c’est l’ordre de grandeur et nous voulons tous les avoir à terme dans notre base de données.

    Le projet est financé par mes finances personnelles et celles de ma mère [la veuve d’Eric Rohmer], par une subvention du département du Calvados, par la Banque publique de l’innovation et par la BNP-Paribas, la banque qui subventionne le cinéma, qui a prêté 70.000 euros. On souhaite avoir un budget équilibré début 2020.

    Les rentrées viennent des recettes publicitaires des distributeurs, que je vais démarcher en leur disant : « Je suis intéressé par tel et tel de vos prochains films, que j’aimerais voir, et si je les aime, donnez-moi des sous pour en faire la promotion sur mon site ». En effet, on revendique une indépendance et on ne veut pas se laisser dicter nos choix. Les distributeurs nous regardent un peu bizarrement au début, ils ont besoin de voir le site, ça prend un peu de temps et quand ils l’ont vu ils disent que l’idée, le site est extraordinaire. La deuxième étape est de faire gonfler l’audience. Sur les réseaux sociaux (page Facebook, compte Twitter) on a de plus en plus d’abonnés (2000 aujourd’hui). Le site lui-même attire 30% à 40% d’audience supplémentaire par mois, depuis le mois d’octobre 2017. C’est très prometteur.

    Le site doit être utile aussi bien à la communauté des professionnels du cinéma et des cinéphiles qu’au grand public. Je suis dans une optique d’éditorialisation, avec la volonté de faire partager mes goûts cinéphiliques, par l’intermédiaire de critiques argumentées qui mettent en avant nos choix, avec des slides qui défilent pour présenter les quatre ou cinq films de la semaine, et les rubriques d’actualité (critiques et interviews). Cette page Actualité est la plus lue par les internautes. Et là nous concurrençons un site comme Sens critique. Pour autant, tous les sites de cinéma sont complémentaires et nous ne cherchons pas instaurer un monopole ou à phagocyter qui que ce soit.

    Nous cherchons à fédérer une communauté, dont nous écoutons les demandes. Récemment nous avons eu des retours d’internautes, qui nous ont fait évoluer. La première remarque tient aux critiques négatives : pourquoi ne pas en faire ? J’ai donc écrit récemment une critique négative sur Criminal Squad, un blockuster testostéroné. Même une critique négative attitre l’attention sur le film, en bien ou en mal. La deuxième critique provient de personnes en milieu rural qui n’ont pas accès à de nombreuses salles de cinéma. Du coup nous rédigeons maintenant des critiques de films produits par Netflix, quand le réalisateur du film a un point de vue.

     

    2/ Le site est dédié au cinéma indépendant (comment le définir ?) mais y figurent également des critiques de films à gros budget comme ceux de Woody Allen par exemple. Où placer la frontière entre cinéma indépendant, film d’auteur et blockbuster ? Les filières de réalisation et de production/distribution sont-elles différentes ?

     

    Le cinéma indépendant est une notion complexe et assez floue. Pour le label Art et essai il y a des critères établis par le CNC, pas pour le cinéma dit « indépendant ». En fait, on peut dire que le cinéma est indépendant à partir du moment où il y a quelqu’un dans la chaîne de réalisation-production-distribution qui est indépendant, par exemple si l’auteur est un vrai auteur. Dans certains films américains on ne voit même pas le nom du réalisateur apparaître sur l’affiche, c’est juste un technicien choisi par un producteur pour faire un film de boxe, par exemple. Mais si le producteur est indépendant ou le distributeur indépendant, le cinéma peut aussi être dit indépendant. Qu’est-ce que c’est qu’un producteur ou un distributeur indépendant ? Aux Etats-Unis, c’est un producteur-distributeur qui ne fait pas partie des majors comme Disney, la Fox, la Warner, la Metropolitan (il y en a six)… En France c’est tout producteur-distributeur autre que Gaumont-Pathé, la SND (Société Nouvelle de Distribution) qui appartient à M6, ou encore Mk2, qui a beaucoup grossi, et Studio Canal, mais ce sont de toutes petites majors par rapport aux Américaines. Les films produits, distribués, exploités par Gaumont-Pathé peuvent être dits indépendants si la société a recruté un auteur pour la réalisation. Par définition, un producteur dit indépendant produit du cinéma indépendant.

     

    3/ J’aimais beaucoup le cinéma d’Eric Rohmer et sa personnalité publique de réalisateur. Quelques mots sur l’homme de cinéma, votre père ?

     

    Ce qui est intéressant c’est que les films de Rohmer donnent l’impression que les dialogues sont tout à fait improvisés alors que ce n’était pas du tout le cas, c’est tout à fait faux. Mon père était un manipulateur hors pair qui faisait dire à ses acteurs ce qu’il avait envie d’entendre, en les faisant parler avant les prises de vue et en discutant avec eux : « Ça c’est intéressant et c’est ça que je veux que tu dises ». Il y avait beaucoup beaucoup de travail en amont. Au final c’est mon père qui orientait non seulement le scénario mais aussi les dialogues, il extrayait de toute cette matière du film ce qui l’intéressait.

    La compagnie de production Eric Rohmer a été créée [en 1981] pour produire les films d’Eric Rohmer (il y a environ 25 longs métrages). Elle a produit aussi de courts métrages de ses techniciens ou de ses actrices. Depuis que j’ai repris la société, j’ai produit deux films : un 52 mn de Diane Baratier, ancienne chef-opératrice de mon père, sur un refuge de la SPA de Brive, qui est passé à France-3-Limousin, et un autre film d’un jeune réalisateur caennais qui s’appelle Thomas Aufort, grand admirateur de mon père, à qui j’ai donné le cadre juridique de production-distribution de son film et qui a obtenu le prix du public au festival de Valence en Espagne. C’est tout. Je me consacre actuellement au développement de mon site « Chacun cherche son film », en même temps que je poursuis l’exploitation de l’œuvre de mon père, c’est-à-dire que je gère le catalogue. Je suis en train de m’occuper de la restauration de deux de ses films, qui n’avaient pas été numérisés : L’Arbre, le maire et la médiathèque et Les rendez-vous de Paris. Il y aura sans doute une rétrospective de son œuvre à la Cinémathèque en 2019-2020, pour les dix ans de sa mort, on verra.

     

    4/ Quelques pistes pour rédiger une critique cinématographique efficace et pertinente ?

     

    Il y a différentes sortes de critiques : si vous regardez celles des Cahiers du cinéma, c’est plein d’analyses, de références et de comparaisons entre différents films et acteurs. Si vous regardez celles d’Allociné, c’est du ressenti pur, pas très bien écrit, avec un classement sur 5 étoiles. Entre les deux, on peut se mettre à la place d’un spectateur qui n’a pas de culture cinématographique importante mais qui cherche à savoir si le film est intéressant et s’il va lui plaire. On va trouver les arguments pour lesquels on a trouvé de l’intérêt à un film : le sujet, le scénario, les dialogues, les moyens techniques employés peuvent être intéressants. Pour ne rien oublier, on peut enregister à chaud son ressenti en sortant de la salle et y ajouter les détails qui manquent, une fois la critique écrite. On peut étayer sa critique de références mais ce n’est pas obligatoire.

    Hier par exemple je suis allé voir un film français qui s’appelle L’Heroïque Lande, un film documentaire sur la jungle de Calais qui dure 3h40, ce qui pourrait en rebuter plus d’un, mais en sortant on a juste l’impression d’avoir partagé un moment convivial et d’avoir rencontré des gens qu’on n’aurait jamais rencontrés. C’est bouleversant et passionnant. Voilà un argument favorable sur la thématique, le sujet d’un film. Ensuite, il y a l’intérêt du scénario, si les histoires sont bien construites, vont avoir du suspense. Un troisième argument peut tenir à la grammaire du film, à des plans bien construits, à un traitement parfaitement étudié, à une performance d’acteurs.

    On ne va pas traiter un film documentaire et un film de fiction avec les mêmes arguments : le jeu des acteurs relève forcément de la fiction puisque dans un documentaire il n’y a pas d’acteurs, ou plutôt que les acteurs jouent leur rôle. Dans un documentaire le réalisateur s’immerge dans un milieu. Un autre film sur les migrants qui va paraître bientôt est L’ordre des choses, où on voit le passage des migrants en Libye, pays où ils sont maltraités, violentés et rackettés dans des prisons par des chefs de gang. Ces films sont des cris d’alarme et des témoignages qui attirent l’attention du public sur des situations insupportables et injustes.

    J’ai vu un autre film, celui-ci déjà sorti, qui s’appelle Atelier de conversation, et qui traite d’un atelier de conversation française mené et animé à la bibliothèque de Beaubourg, où des personnes qui ne maîtrisent pas bien la langue française viennent discuter entre eux. Il y a des Américains, des Européens, mais aussi des Irakiens, des Afghans ou des Erythréens qui s’expriment sur leur condition d’immigrés, de migrants, qui n’est jamais voulue au départ, qui est subie. Ils ne sont jamais ici, en France, par gaieté de cœur.

    Un dernier film que j’ai aimé récemment c’est un film américain, Mobile Homes, un film de fiction sociale sur un couple d’Américains avec un enfant, qui n’a pas de logement et qui va squatter des mobile homes aux Etats-Unis. C’est très émouvant.

     

    Sylvie Ferrando

     

    Caennais d’adoption, Laurent Schérer a d’abord exercé les métiers d’infirmier puis de professeur de lettres. Fils du cinéaste Éric Rohmer, il passe un master de production pour reprendre à la mort de son père en 2010 la société de production Eric Rohmer et poursuivre la défense du cinéma indépendant.

     

    Chacun Cherche Son Film, site internet dédié au cinéma indépendant :

    www.chacuncherchesonfilm.fr

    Page Facebook : https://www.facebook.com/chacuncherchesonfilm.fr

    Compte Twitter : @Cherche_Film

    Chaîne YouTube :

    https://www.youtube.com/channel/UC3f3SFZpASTOnVY8rkCjeRg

    Lien vers le compte rendu (format court) de l’événement du 18 janvier 2018 :

    https://vimeo.com/255000689

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    A propos du rédacteur

    Sylvie Ferrando

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    Rédactrice

    Domaines de prédilection : littérature française, littérature anglo-saxonne, littérature étrangère

    Genres : romans, romans noirs, nouvelles, essais

    Maisons d’édition les plus fréquentes : Gallimard, Grasset, Actes Sud, Rivages, Minuit, Albin Michel, Seuil

    Après avoir travaillé une dizaine d'années dans l'édition de livres, Sylvie Ferrando a enseigné de la maternelle à l'université et a été responsable de formation pour les concours enseignants de lettres au CNED. Elle est aujourd'hui professeur de lettres au collège.

    Passionnée de fiction, elle écrit des nouvelles et des romans, qu'elle publie depuis 2011.

    Depuis 2015, elle est rédactrice à La Cause littéraire et, depuis 2016, membre du comité de lecture de la revue.

    https://www.edilivre.com/?s=Ferrando

     

  • Paul Sunderland rend hommage au roman d'Olivier Gérard sur Unidivers

    couv GERARD.jpgRoman contemporain chargé de violence, Sanglots la nuit d’Olivier Gérard narre le télescopage désespéré de deux êtres dont les biographies respectives entrent en conflit avec ce qui semble être les déterminismes de l’Histoire avec un grand H. De Perpignan à Istanbul en passant par Israël, exploration du cœur d’une relation homosexuelle.

     

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  • L'écrivain Christian de Moliner a lu "Sanglots la nuit"

    couv GERARD.jpgSanglots la nuit d’Olivier Gérard aux éditions ED2A 21 €

    Le roman d’Olivier Gérard frappe comme un coup de poing. Au-delà de l’histoire de deux hommes mariés et pères qui découvrent dans les bras l’un de l’autre, leur homosexualité, il décrit un monde sombre où l’espoir est faible, mais persistant. D’abord, l’auteur décrit le quartier déshérité de Perpignan où gitans et Arabes se font face, où la drogue fait des ravages parmi les habitants, où les habitants fuient dès qu’ils le peuvent. Il enchaîne avec une peinture au vitriol d’une colonie Israélienne extrémiste qui cherche à expulser ses voisins palestiniens. Abram, qui est catholique, a hérité de son prénom en hommage au prophète si soumis à Dieu (Est-ce un rappel à l’islam ?). Peintre de talent, mais qui n’est pas reconnu, il est accusé de détournement de mineure et a obtenu un poste dans un centre d’aide aux drogués grâce à la protection ambiguë d’un commissaire de police. Il recueille et soigne un blessé mystérieux Asso. Il apprendra que ce dernier marié à une juive est accusé d’avoir commis un attentat sanglant dans une oasis israélienne. Mais ce dernier n’est-il pas manipulé par les palestiniens ? Les deux hommes se perdent de vue. Vont-ils se retrouver ?

    Le style de l’auteur est efficace. Les phrases sont courtes et descriptives. On sent que l’écrivain est issu du monde du cinéma, car les séquences ressemblent à des scènes de films. Il arrive à maintenir le suspense jusqu’au bout.

    Le reproche principal qu’on peut faire à Olivier Gérard est la convention des situations qui parfois font grimacer : un « Arabe» de Perpignan est un voleur de bicyclette, les commerçants sont racistes, le héros est un peintre de génie, sa compagne une styliste de haut vol, le commissaire n’est pas clair et sa femme, qui ne sait faire ni le ménage ni la cuisine en pince pour le héros et provoquera la fuite d’Asso. Ce dernier parle peu et ne donne qu’un mot à interpréter à son amant pour lui permettre de le retrouver. Quant aux colons israéliens, ils frisent la carricature. Rien ne nous est épargné et la nuance n’existe pas dans ce roman. Mais ces maladresses sont peut-être voulues. Elles sont, à mon avis, une forme d’ironie dont le but est de renverser et de démantibuler le schéma narratif.  Si tel était son but, il a parfaitement réussi !

  • L'écrivain Christian de Moliner sur "Le temps s'écoule à Barde-Lons"

    couv piletta.jpgLe temps s’écoule à Barde-Lons de Stéphane Piletta-Zanin aux éditions Xénia 23 €

    Celui qui ouvre ce gros roman de 360 pages de Stéphane Piletta-Zanin ne trouvera pas une histoire à la narration classique et linéaire. Il existe certes un ersatz de fil directeur à ce livre, les amours contrariées d’Émilienne et d’Ulrich, mais il est éclaté en de multiples scènes et son personnage principal est le village de Barde-Lons, où paraît-il le temps ne s’écoule pas de la même façon que dans le reste du monde, ce qui explique les détours du récit. Cette petite ville est divisée en un haut protestant et un bas catholique sans compter quelques immigrants orthodoxes et des femmes adeptes de la sensualité et d’un culte qui serait la resucée de celui de la déesse mère et que les deux religions officielles essayent d’éradiquer. Le substrat lâche de cet ouvrage n’est que le prétexte à une centaine de digressions, des courts récits qui se rattachent paresseusement au reste de l’intrigue.

    En parcourant ce roman, on songe irrésistiblement au magnifique roman de Jean d’Ormesson « la gloire de l’empire » par le goût des anecdotes et l’emploi de phrases longues aux multiples subordonnées. Bien sûr, M. Piletta-Zanin n’égale pas - et de loin ! – l’auteur de « Mes derniers rêves seront pour vous », mais il se tire honorablement d’un style fort difficile à manier et son texte n’est jamais lourd et indigeste à lire. Il faut donc saluer sa prouesse, car il domine les mots.

    Néanmoins soit on accroche à ce roman et on lui trouve un charme poétique. Dans ce cas, il faut prendre son temps et savourer chaque phrase avec lenteur comme on le fait quand on goûte un bon vin. Soit au contraire, on trouve ce type de livre assommant et on l’abandonne dès la dixième page. Pour moi, il n’y a pas de juste milieu avec « Le temps s’écoule à Barde-Lons. »

  • Sylvie Johnny, love story : le SEUL roman VRAI sur leur couple !

    pub sylvie.pngJournalistes et critiques littéraires, voilà un livre d'une criante actualité : le SEUL roman écrit sur la love store de Sylvie et Johnny, et pas par n'importe qui ! Par Marie Desjardins, un ÉCRIVAIN !
    https://www.youtube.com/watch?v=bUoVTj7etvY

    pour le recevoir ou interviewer Marie Desjardins, merci de me contacter 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com
    Une fabuleuse histoire du couple qui a fait vibrer la France
    Paris, juillet 2010 – Printemps 1961, Sylvie a 16 ans. Celle qui vient d'enregistrer Panne d'essence sera la première chanteuse pop de sa génération. Un beau jour, alors qu'elle assiste au concert de « l'idole des jeunes », elle tombe immédiatement sous le charme. Rebelle, beau, adoré, Johnny la courtise pendant six mois. Leur histoire d'amour passionnée a déjà commencé. Une romance authentique, déchirante aussi, pour chacun d'eux.
    Dans Sylvie et Johnny Love Story, Marie Desjardins invite le lecteur à partager l'intimité du couple le plus médiatique de l'histoire de la musique française. Marie réinvente avec délicatesse et bienveillance cette passion qui a fait vibrer la France des sixties et seventies.
    Du mariage sous les projecteurs aux errances de Johnny, de leur amour magnifique à cet accident de voiture qui propulsera « la collégienne du twist » dans l'âge adulte, de la naissance de David au départ de Sylvie pour les États-Unis, Marie Desjardins revisite et imagine ce qu'a été cette relation unique, quasi princière. Un roman tendre et sincère.

    EXTRAIT
    « Dans les studios, Sylvie dansait derrière son micro, modulant des soupirs et des cris jusqu'à tout oublier. Tout à coup Johnny arrivait. Elle s'enfuyait avec lui. Les copains suivaient. Johnny et Sylvie profitaient de chaque instant, chuchotant et ne regardant personne. Sylvie laissait les mains de Johnny glisser sur son corps. Et si un photographe passait par là, Johnny fixait l'objectif avec l'impassibilité d'un sultan qui n'a pas bougé de son canapé depuis trois jours. Puis ils marchaient côte à côte sur une avenue fréquentée. Sylvie était bronzée, elle portait des lunettes miroir. Juchée sur ses sandales à semelles compensées comme sur la scène de sa vie, elle faisait nonchalamment danser ses hanches sur L'air qui balance. Johnny avançait droit devant lui. On se bousculait pour les apercevoir. Sylvie ne souriait pas beaucoup. Cependant, il lui arrivait d'éclater de rire : Johnny était avec elle, elle l'aimait, ne se lassait pas de l'adorer, de caresser ses bras, de glisser ses doigts sous la manche de son tee-shirt, jusqu'à son épaule — la peau douce de son épaule. »

     

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