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La Balustrade de Guilaine Depis

  • George Simons, un éminent interculturaliste, sur Philippe Rosinski

    pub rosinski.pngRosinski Philippe, Leadership et Coaching Global

    Éditions Valeurs d'Avenir (2018), ISBN-13: 979-1092673173, ASIN: B079VRW1WP 

    Critique de Soumia Ben Amar, en collaboration avec George Simons

    Face à monde en perpétuel mouvement et à une incertitude accrue Philippe Rosinski nous offre une autre vision du coaching beaucoup plus profonde avec une certaine approche humaniste tout en nous invitant à la nécessité d’une réflexion fondamentale plus poussée qui se veut vecteur d’une prise de conscience et de changement. 

    Il nous incite à mettre en avant les qualités humaines et nobles que l’on a déjà en soi pour une vision meilleure du monde, porteuse de sens éthique.

    Dans un premier temps l’auteur veut nous mettre face à notre réalité et aux répercussions que peuvent avoir nos actions puisque nous vivons dans un monde tout est en interconnection ( mot d’ailleurs cité des dizaines de fois dans le livre ) l’esprit doit rester inhérent au corps et la lucidité et la clairvoyance sont les maître- mots. 

     Ce livre tend à connecter six perspectives, en nous aidant à réaliser qu'ils font en fait partie d'un tout dans lequel nous sommes immergés. Le modèle est holographique et est exploré sous différents angles tels que physique, psychologie, promouvant une certaine théorie générale des systèmes et un certain constructivisme.

    L'outil d'analyse culturelle de Rosinski, l'évaluation COF, a une approche un peu plus flexible et ouverte que beaucoup d’autres approches essentialistes que nous trouvons encore dans la pratique interculturelle actuelle et chaque étape explicative de l’ouvrage est illustréeavec des exemples clairs tirés de situations réelles.

    Le lecteur devrait répondre à cette question : le Coaching Globalest-il simplement une concaténation de psychologies pop, de spiritualités californiennes, de menus organiques, de métriques de fitness et de remèdes New Age ? Ou est-ce quelque chose de plus profond ? Est-ce plutôt une tentative d'articuler un processus d'apprentissage permanent dans le cadre d'une profession ? L'auteur partageant la carte de son parcours de vie et faisant appel à la nôtre. Et se présentant comme exemple plutôt que comme modèle, il n’hésite pas à ouvrir son sac à dos de savoirs et de survies culturels.

    A la fin de l’ouvrage 40 pages inédites viennent enrichir l’ancienne édition de 2010 où   l’auteur dresse huit ans après un constat commenté et truffé d’exemples tout en  mettant en avant une approche du coaching taillée sur mesure qui prédomine dans la compréhension de l’êtrehumain.

    Rosinski apporte également des réponses exhaustives à l’échec de certains programmes de formation traditionnels, chiffres à l’appui, et souhaiterait voir le coaching global intégrer notre vie pour un changement durable qui concilierait profit et but social au service  d’un monde meilleur.

    Un ouvrage époustouflant, puissant, utile et d’une exceptionnelle complétude qui donne envie de le relire à peine sa lecture achevée afin de mieux apprivoiser les infinis précieux détails. Une démarche multidimensionnelle adaptée à l’individu, au groupe à la société à l’humanité où tous les champs de la connaissance sont convoqués, de la politique à la psychologie en passant par la santé, la spiritualité, le management et la culture. L’accent a été mis sur le rôleprépondérant de la spiritualité se concentrant essentiellement sur la tradition talmudique.

     A la portée de tous Leadership et Coaching Globalcombine des outils, des techniques et des méthodes qui vont permettre de faire ressortir le meilleur du potentiel humain car désormais on ne peut plus se cantonner au coaching traditionnel pour affronter des défis mondiaux de plus en plus complexes.

    Seul bémol l’auteur place la barre tellement haut que cela pourrait dissuader toutrêvede carrière dans le secteur, à savoir comment combiner en un seul individu, une sorte de généraliste capable d’assumer à lui seul plusieurs fonctions ? 

    En sus la lecture de certains passages peut laisser penser que l’auteur nourrit une certaine mésestime à l’égard des coachs traditionnels qui n’ont définitivement plus leur place au sein d’un métier qui a le vent en poupe. 

    Conviendrait-il de savoir comment appliquer le principe KISS( Keep It Simple, Stupid ) face à la gestion de cette complexité. Devrait-on revenir à un certain chamanisme ?

  • "comprendre le changement du monde" avec le roman de Marie DESJARDINS

    Marie Desjardins, Ambassador Hotel

    couv desjardinsb.pngMarie Desjardins, auteur francophone nord-américaine, a publié plusieurs biographies et des écrits sur le jazz et la musique populaire (Sylvie-Johnny love story, Vic Vogel histoire de jazz). Elle se lance avec ce roman dans la carrière mythique d’un groupe de rock inventé, RIGHT, dont le nom est formé par les premières lettres de chaque homme du groupe (aucune femme). Outre le talent de chacun, Clive à la guitare basse, John puis Lincoln à la batterie, Bronte puis Mick au piano, c’est bien la voix de Roman, le chanteur, qui emporte tout. Il est le personnage principal, le héros, la star du rock.

    Le dessin de couverture reproduit son portrait donné à la fin du livre, p.546, lorsqu’il était au tout début de sa vingtaine : « lors du concert spécial qu’il avait donné à Londres en 1968 pour souligner la sortie de [l’album] Right There, torse nu, pectoraux saillants, micro brandi devant sa bouche démesurément ouverte – une vraie gueule. »Curieusement, le puritanisme nord-américain qui monte censure les tétons, même des hommes. Or, l’auteur le montre, le rock est né dans les milieux populaires anglais des années 1960, Roman à Twickenham, et avait pour objectif de faire éclater le carcan rigide de conventions et de pudibonderie de la très petite bourgeoisie victorienne confite en macération religieuse. Le torse nu était de rigueur, sur scène et ailleurs, garçons comme filles, et les rock stars n’hésitaient pas à déambuler entièrement nus dans leurs loges ou autour des villas louées pour enregistrer les albums.

    Le torse nu, montrer ses muscles, était le symbole viril du mâle qui s’affirmait, de l’artiste contre les valeurs du négoce et de l’abrutissement industriel, un appel sexuel et un symbole d’énergie. Car il y avait de la vie dans le rock, bien plus qu’aujourd’hui dans le rap ! Le bruit, le rythme, le cri, étaient autant que les inventions, les mélodies et les paroles, porteurs de sens. Il s’agissait de fusionner le temps d’un concert, de laisser entrevoir une autre vie, de porter le public dans un état que la société banale ne pouvait provoquer – sauf en guerre, peut-être.

    Les filles ne s’y trompaient pas, qui tombaient amoureuses, s’enflammaient comme des groupies, n’hésitaient pas à tailler pipe sur pipe aux proches techniciens pour accéder aux coulisses et voir de près ou même toucher l’idole qui allait chanter. Roman profite d’un temps de soliste pour saisir une groupie qui cherche à se hisser sur la scène, l’entraîner dans les coulisses et la baiser tout de go (p.234). Aujourd’hui, les aigries diraient qu’il la viole, mais la fille était consentante, ô combien ; elle comme d’autres ont gardé longtemps des étoiles dans les yeux et des frissonnements dans le con d’avoir été baisées par un demi-dieu. Notre auteur reste muette sur les désirs des garçons pour leur semblable, cela ne semble pas être socialement correct au Canada aujourd’hui, même si elle a cette phrase ambigüe lors d’un déplacement à 17 ans de Roman avec deux potes, pour faire de la musique à Londres : « Il avait l’impression d’être Elvis. C’était divin. Il se foutait complètement d’avoir mal dormi sur le matelas de camping empestant le moisi dans la camionnette, aux côtés de Derek et de Burt, l’un ronflant, l’autre lui ayant grimpé dessus pendant la nuit » p.42.

    Né en 1945, Roman Rowan au curieux nom dont les lettres m et w constituent comme les deux mandibules d’une mâchoire narcissique, a 15 ans en 1960. Il baise à 14 ans, lâche le lycée qui l’emmerde, envoie du « cause toujours » à sa mère qui veut régenter son adolescence, constitue un groupe de rock dans un garage avec deux potes et donne des représentations à 17 ans. Mais c’est le 5 juin 1968 que son groupe va enfin émerger, à l’Ambassador Hotel, rasé depuis, où Bob Kennedy se fait descendre par un taré. La chanson produite à chaud dans l’effarement et l’émotion, Shooting at the Hotel, deviendra célèbre, reprise en boucle sur les radios durant des années. L’un meurt pour l’humanité, l’autre chante pour l’humanité, ainsi se passe le flambeau, dans le hasard et la chance.

    A 69 ans, pour ses derniers concerts dans le monde, Roman Rowan revient sur sa vie mouvementée et s’interroge : qu’en a-t-il fait ? Il a créé du lien, comme on dit aujourd’hui ; il a remué les foules, a enchanté des générations, a baisé des centaines de filles ravies ; mais un Mexicain s’est tué devant la scène, une fille s’est suicidée de désespoir – les dieux sont dangereux. Il a eu trois épouses – la première était une pute – et une fille, niaisement prénommée Chance. Mais la femme qui l’a le plus marqué, outre sa mère Eirin, fut une cubaine exilée, Havana. L’auteur ne se foule pas pour choisir les noms : Clive venant de Guernesey s’appelle Hélier comme la capitale de l’île, la cubaine comme La Havane… Havana a vu Roman lorsqu’elle avait 6 ans à l’Ambassador Hotel, ce fameux jour où… Elle a pris une photo au Kodak instamatic que lui avait offert sa grand-mère, et Roman lui a fait un grand sourire comme s’il la comprenait. Quarante ans plus tard, elle a repris contact pour faire un livre de photos sur cet homme, mais elle était trop réaliste et fouillait trop profond dans les intimités – Roman effrayé a pris ses distances. Pourtant, c’est peut-être elle qui a le mieux compris la solitude du chanteur de fond.

    Ce pavé romanesque, c’est du lourd – 660 g, j’ai pesé. Il est obèse à l’américaine et aurait été plus séduisant un brin svelte, plus dynamique une fois musclé le texte, telle l’image donnée du héros. Il est construit en quatre parties : la première alternant les débuts dans les années 60 et la fin en 2014 ; la seconde faisant témoigner divers acteurs ; la troisième reprenant des moments-clés ; la quatrième contant les derniers concerts. Subsistent, pour les Européens, des anglicismes curieux comme « performer » pour offrir une représentation, « inspirante » qui ne veut rien dire et « publiciser » pour en faire la publicité. Ou encore « la » Nikon pour désigner « l’appareil photo » Nikon (donc au masculin), « le » party pour une partie (genre boum) ou « la »passe pour le passe (partout) destiné à entrer quelque part, confusion vite pornographique si l’on se laisse dire. Je reste dubitatif aussi sur « le corps éthérique » p.18 et « le système ambiophonique » p.277 qui sonnent plus furieusement globish que français.

    Ces originalités et ce poids n’empêchent pas le roman de Marie Desjardins d’envoûter. Il fait revivre une époque révolue, celle de la jeunesse de beaucoup. Il montre surtout combien « le sexe » que l’on reproche à mai 68 et à ses suites comptait moins que l’énergie, et que le partage fusionnel comptait plus que l’éclatement individuel. Deux façons de voir le monde que nous avons perdues, régressant à la pudibonderie effarouchée et à l’égoïsme sacré. Pour comprendre ce changement du monde, je vous recommande vivement ce gros roman d’époque.

    Marie Desjardins, Ambassador Hotel – La mort d’un Kennedy, la naissance d’une rock star, 2018, Editions du CRAM (Canada), 593 pages, €19.00 e-book Kindle €12.99

    Une entrevue avec l’auteur sur YouTube

    Attachée de presse Guilaine Depis, 06 84 36 31 85

  • RENTREE LITTERAIRE : le recueil de poésie "L'OMBRE DE LA TERRE" de Christine FIZSCHER

    couv fizscher.pngRentrée littéraire 2018

    Parution en avant-première pour

    le Marché de la Poésie

    L’OMBRE DE LA TERRE

    le premier recueil de poésie de l’écrivain Christine FIZSCHER

    54 pages * 15€ * ISBN 978-2-84791-192-3

    Contact presse : 06 84 36 31 85

    guilaine_depis@yahoo.com

    L’OMBRE DE LA TERRE est enrichi de photographies de Jonathan ABBOU.

    Christine FIZSCHER a aussi publié :

    Pluies d’été (sous le nom de Christine Guinard), Dumerchez, 1999

    La Nuit prend son temps, Le Seuil, 2007, dont sont tirés deux des poèmes de L’OMBRE DE LA TERRE

    La Dernière femme de sa vie, Stock, 2011

    Les éditions Bernard Dumerchez : Diffusées par les Belles Lettres, elles ont publié à ce jour plus de 250 ouvrages de poésie, littérature, théâtre et autres. Attachant une attention toute particulière à l'objet livre, chaque publication est souvent associée à un artiste contemporain et déclinée par un ouvrage de bibliophilie. Une exposition « Bernard Dumerchez, éditeur, une vie de livres et d'art » a lieu en 2018 au musée départemental de l’Oise pour ses 35 ans d'édition.

    fizscher photo.pngUne FEMME poète : Lectrice chez Gallimard, Flammarion, Julliard et aux côtés d’Ivan Nabokov pour « Feux croisés » chez Plon, Christine FIZSCHER a aussi collaboré à la revue « Les Temps modernes » de 2000 à 2009.

    Assumant pleinement et jusqu’au bout sa féminité, elle s’étonne que la poésie, quintessence de l’expression verbale, compte si peu de représentantes lues et honorées par le passé et dans la France contemporaine : si la poésie est l’art synthétique de transmettre l’universel et l’intemporel, les femmes passant pour extérioriser davantage leurs émotions, devraient en être les fers de lance. Métaphysiquement inquiète jusqu’à la torture, la chair et la littérature l’ancrent au monde et justifient sa vie.

    Nourris de mélancolie, ses poèmes intimes pris dans une narration s’inscrivent dans une temporalité, expriment un double amour et le deuil d’une maison et de ce qui n’a pas pu y être vécu.

    Ces poèmes vont basculer au rythme des saisons : solaires et radieux pendant la splendeur de l’été, ils vont s’enfoncer dans l’ombre de la Terre lorsqu’arrive l’hiver. Cette ombre de la Terre qui isole les artistes et enfants de Saturne, les fait rester à l’extérieur de la vie – plus vivants peut-être encore.

    cheng.pngA gauche, Lettre de François CHENG, de l’Académie française, reçue par Christine FIZSCHER en réponse à l’envoi de « L’OMBRE DE LA TERRE » :

    « La nuit prend son temps (roman dont la rédaction fut concomitante aux poèmes de L’OMBRE DE LA TERRE »)fournit des réponses à une question centrale. Christine FIZSCHER fouille son désir, et l’illusion de son désir, dans un texte sûr, parfois puissamment érotique et superbement écrit. » Vincent ROY, Le Monde des Livres (2007)

    « Christine Fizscher (…) a su trouver les mots pour l’écrire (ndlr : ce qui n’est plus, ce qui a brûlé), et le sens du récit. » Mohammed Aïssaoui, Le Figaro Littéraire (2011)

    « Christine Fizscher possède une très belle plume » (Nils C. Ahl, Le Monde des Livres, 2011)

    « Christine Fizscher signe sa présence d’incontestable écrivain » Joël Schmidt, Réforme, 2011)

    « Le livre de Christine Fizscher est saisissant, il a ses défauts, plein, mais un souffle qui les emporte, loin, dans un monde que les anxieux connaissent : la douceur d’écrire, la fragilité du résultat. »  Christophe Donner, Le Monde Magazine (2011)

  • Christine FIZSCHER a pour éditeur le très estimé Bernard DUMERCHEZ auquel une exposition rend un hommage de toute SPLENDEUR jusqu'à fin octobre 2018

    Img expo Dumerchez MUDO.jpgBernard Dumerchez, une vie de livres et d’art

    Musée Départementale de l’Oise, Beauvais

     

    Beauvais, 1 heure depuis Paris, forêts de Montmorency et de l’Isle Adam, mouchetées de fleurs d’acacias, leur odeur sucrée. Zones d’activités et zones commerciales, paysages ubiquitaires à l’abord des villes. Constructions sans âmes sur les ruines de la guerre. La magnifique cathédrale et ses abords ont été épargnés. A ses pieds, le Musée départemental de L’Oise (MUDO) abrité dans l’ancien palais épiscopal. Passée l’entrée fortifiée, l’on entre dans l’intemporel d’un jardin à la française. Autour l’architecture en strates raconte l’histoire. Le lieu a traversé l’Antiquité, le Moyen-Age, l’époque gothique et la Renaissance.

    Le MUDO accueille jusqu’au 21 octobre l’exposition « Bernard Dumerchez, une vie de livres et d’art ». Editeur, Bernard Dumerchez développe des collections de livres rares où dialoguent artistes et poètes.

    L’entrée donne le ton de l’exposition, on s’y promènera dans un monde de signes et de sens, de couleurs et de formes. On est accueilli par une symphonie de peintres et de poètes contemporains qui ont jalonné le parcours de  Bernard Dumerchez. A chacun, il a commandé, sur format A4, un texte, une œuvre originale, une alliance des deux. De grands panneaux ordonnant l’ensemble font œuvre en soi. Bernard Noël y côtoie Roland Topor, Hubert Haddad voisine avec Fernando Arrabal, Antonio Segui répond à Werner Lambersy… Les plus grands noms de la poésie et de la peinture contemporaines sont réunis là.

    On passerait des heures à cheminer de ligne en ligne, de l’univers de Jérôme Mesnager à celui de Serge Kantorowicz, des calligrammes de Marie Binet aux poèmes en spirales de Serge Pey. Mais on est à peine dans l’antichambre qui reçoit la lumière du printemps, sous le regard de Rimbaud, une photo du poète à Harar. Mais l’espace s’élargit, Rimbaud sort du cadre, le paysage s’invente dans les traits de peinture de Joël Leick. Ce portrait de Rimbaud, un extrait parmi d’autres d’une œuvre inouïe, une vision de l’éditeur : à partir du texte d’Alain Sancerni, Rimbaud selon Harar,il a provoqué un livre d’artiste d’une densité telle qu’elle touche l’intensité rimbaldienne. On y entre sur la pointe du souffle. Cinquante pages au moins, chacune est une œuvre et chaque exemplaire unique.

    On quitte la lumière du jour pour un espace plus fermé, offrant un tête-à-tête avec Velickovic dont l’œuvre transcende l’horreur. En échos aux tableaux, un dessin de l’artiste en regard d’un court poème sur la page ouverte d’un livre rare Visages de l’exil dont on peut lire d’autres extraits en lettres blanches sur le mur pourpre. Car la scénographie époustouflante, conçue par Philippe Coquelet, délivre, plus qu’une exposition, une expérience sensorielle au plus proche de la démarche de création : de l’espace du dedans, pousser les limites, faire advenir des formes inédites.

    Pour un tel rendez-vous autour des Editions Dumerchez, Philippe Coquelet était l’homme de la situation, lui qui conçut des expositions magistrales, dans ses centres d’art, l’Echelle, près de Charleville, puis dans celui de Montolieu, lui qui réunit dans ses Editions Rencontres, artistes et poètes. En complicité avec Bernard Dumerchez depuis trente ans, ils stimulent les rencontres artistiques, ouvrent des espaces à la poésie dans ses rapports avec les arts plastiques. L’un comme l’autre sont d’une exigence sans faille, écartant les mièvreries, obligeant les artistes à sortir de leurs rails.

    On se promène dans cette exposition comme dans une forêt au printemps, traversée des odeurs des acacias et des tilleuls, des oiseaux en conférences et de cèdres  parasols. C’est ainsi qu’on passera plus tard de tableaux de Gérard Titus-Carmel à des encres originales de l’artiste accompagnant ses propres textes, plus loin à des peintures de Claude Viallat dont on retrouve le motif sur un livre de Dominique Sampiéro Bouches cousues qui sonde le silence.

    De la pénombre d’un corridor où l’on retrouve Rimbaud, on dévale sur de grandes salles, l’une faisant dialoguer les bols sensuels d’Aliska Lahussen, avec une forme semblant sortir de sa gangue, de Takesada Matsutani. Une autre salle où l’on retrouve le mouvement de Street Art, courant majeur du 21è siècle. Miss.tic, Jeff Aerosol, ont offert pour le temps de l’exposition, des œuvres uniques. Sur des panneaux en bois, comme au coin d’une rue, on reconnait le pochoir de Jeff Aerosol reproduisant le visage de Bob Dylan. Aux murs, on suit la trace des hommes en blancs de Jérôme Mesnager dansant avec le vide.

    A chaque extrémité de la salle, la collection complète, elle fait œuvre en soi, des Léporellos commandés par Bernard Dumerchez à quantité de poètes et de peintres, certains écrits à la main, d’autres en sérigraphie, et toujours le texte serpente ou se devine, dans les courbes, les vides et les jaillissements d’œuvres de Jacques Villéglé, Erro, Yvon Taillandier, Mark Brusse…

    On aura traversé aussi un petit bois suspendu des bâtons poèmes de Serge Pey, tout près de l’Enfer, peuplé des mondes d’Elizabeth Prouvost, de Jonathan Abbou... L’une délivre de sublimes échos en photographie de l’Erotisme de Georges Bataille, l’autre ouvre sur le sexuel dans une lumière crue.

    Courbet avec l’Origine du mondeprovoqua la foudre, Egon Schiele créa le scandale et fit sécession avec le monde des arts de la Vienne fin de siècle, l’œuvre de Bellmer est qualifiée d’art dégénéré par les nazis.

    On a cru, après les horreurs du 20èmesiècle, après la libération des années 60, qu’on avait dépassé la censure. Devant la crudité et la pornographie ambiante de certains panneaux publicitaires ou de films sans temporisation aucune, on croyait qu’on pouvait dire autrement ce qui, de la chair et de la sexualité, dépasse l’entendement. Il n’en est rien. L’Enfer de cette sublime exposition Bernard Dumerchez, fut l’objet, dès l’ouverture, d’une polémique, de regards outrés, de propos venimeux. L’Enfer au MUDO est interdit au moins de  18 ans, c’est écrit en toutes lettres sur le seuil de la pièce. A la lecture de la première observation sur le Livre d’Or, il est clair que certains adultes n’auraient pas du passer la porte.

     

    Cela, cette très généreuse exposition le dépasse. Elle est déjà engagée sur de nouveaux chemins. Après la performance remarquable de Jeff Aerosol et du poète Dominique Sampiéro le 19 mai, rendez-vous le 21 juin pour une rencontre avec Charlotte Rampling à l’occasion d’un livre qui sortira ce  même jour et qui inaugure une nouvelle collection des Editions Dumerchez : un poème original commandé à un auteur, ici Charlotte Rampling, en regard d’une œuvre plastique, ici une photo d’Elizabeth Prouvost.

     

    Bref, on sort de Beauvais ébloui et pensif : on est passé d’îles en mots, de paroles en visages, de confidences en infinis.

     

    Catherine Zittoun

     

    MUDO/ ouvert de 11h à 18h sauf mardi et jours fériés

    En voiture depuis Paris, 1 heure de route par l’A16 ou la RN1

    En train , gare SNCF à ¼ d’heure à pied du musée

  • Rencontre-Dédicace Christine FIZSCHER à l'Ecume des Pages mercredi 13 juin dès 19h

    thumbnail-1.jpegNous vous invitons tous à la librairie L’Ecume des Pages 174 boulevard Saint-Germain mercredi 13 juin dès 19h pour une première séance de rencontre-dédicace avec l'écrivain Christine FIZSCHER suivie d’un verre de l’amitié.

    Je vous remercie pour des raisons de logistique de vous inscrire si possible à cette soirée auprès de moi.

    Si vous aimez la poésie ou connaissez quelqu’un qui aime la poésie, je vous remercie de me  réclamer son recueil de poésie "L'OMBRE DE LA TERRE" en service de presse : c’est le moment. guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

    Nous vous invitons tous à la librairie L’Ecume des Pages mercredi 13 juin dès 19h pour une première séance de rencontre-dédicace avec l’auteur suivie d’un verre de l’amitié. Je vous remercie pour des raisons de logistique de vous inscrire si possible à cette soirée auprès de moi.

    Si vous aimez la poésie ou connaissez quelqu’un qui aime la poésie, je vous remercie de me le réclamer en service de presse : c’est le moment. guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

    35052266_10155921540918995_3653666281422323712_n.jpgDe gauche à droite : le photographe Jonathan Abbou illustrant le recueil de poésie « L’Ombre de la Terre » de l’écrivain Christine Fizscher dont je suis l’attachée de presse, son éditeur Bernard Dumerchez et Guilaine Depis l’attachée de presse de ce livre - tout petit par sa taille mais géant par sa densité - de la rentrée littéraire, sorti en avant-première au Marché de la Poésie.